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les marges des entreprises à leur plus bas depuis 40 ans



Ni le discours très offensif du chef de l'Etat, Emmanuel Macron, contre les prix alimentaires abusivement bas, ni les engagements de la distribution pour y mettre fin n'ont évidemment changé quoi que ce soit à la déflation. "Les négociations commerciales se sont déroulées dans un climat catastrophique", explique Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania). Une entreprise agroalimentaire sur deux a dû accepter des prix plus bas après 45 mois de déflation continue. Plus de 70% d'entre eux se sont vu refuser l'examen de la hausse des matières premières, qui pèsent entre 55% et 80% du coût de production, selon Ania.

Dans ces conditions, les marges vont continuer à se dégrader pour atteindre leur point le plus bas en 40 ans d'analyse d'Ania qui calcule que sur dix ans, la marge des entreprises a chuté de dix points. Dans l'ensemble, même s'il existe bien entendu des situations très différentes selon les entreprises, toute la structure financière du secteur souffre et entrave sa capacité à investir et à innover, selon Jean-Philippe Girard.

Le secteur des chiffres a progressé de près de 4%, à 1

80 milliards d'euros en 2017. Mais cette hausse s'explique à la fois par la hausse des matières premières qui s'est encore partiellement répercutée et par une poussée des exportations, même si elle est encore trop faible. Autre point positif, près de 4 500 emplois ont été créés, ce qui permet au secteur de consolider son rang de premier secteur industriel du pays avec 429 000 emplois directs.

1 milliard d'euros perdus chaque année

Selon l'Ania, la guerre des prix entre les distributeurs a encore entraîné un déficit de 4 milliards d'euros pour la chaîne alimentaire entre 2014 et 2017. "Cette année n'a pas été une exception , malgré la nourriture des Etats généraux, et malgré la charte de bonne pratique signée par tous les magasins en novembre dernier ", martèle Jean-Philippe Girard.

Pour lui, la poursuite de la guerre des prix et des promotions continue d'affaiblir dangereusement les entreprises et les agriculteurs. Ils ont perdu 900 millions d'euros d'excédent brut en quatre ans, à l'instar des agriculteurs tandis que Leclerc a augmenté sa part de marché de 3 points à 21%, gagnant ainsi 2,2 milliards d'euros.

Malgré cette pression sur les prix, la consommation a continué de ralentir, se limitant à + 0,8% contre + 1,4% dans le reste de l'industrie manufacturière, indique l'Ania. C'est bien pour l'association la preuve que "le pouvoir d'achat n'est pas joué dans le Caddy". La nourriture est passée sous la barre des 10% dans le budget des ménages, tandis que le logement représente à lui seul le tiers de leurs dépenses (31%), le transport et la communication 17% et les loisirs près de 9%.

Amendes dissuasives contre les distributeurs

Dans cette situation, les entreprises comptent plus que jamais sur la facture promise après les General States of Food (EGA) et envoyées au Parlement pour rééquilibrer les rapports de force entre les différents maillons de la chaîne, des agriculteurs aux distributeurs. Ania appelle à des sanctions dissuasives contre la distribution, équivalent à 5% du chiffre d'affaires des contrevenants. "Aujourd'hui, les amendes ne sont pas dissuasives, elles encouragent même les mauvaises pratiques", explique Ania. Ils s'élèvent à 10 millions d'euros sur la période 2014-2017. Les nouvelles sanctions devraient être clarifiées par les ordres qui seront émis lors du vote final de la loi. Il doit intervenir avant le retour.

En ce qui concerne l'augmentation du seuil de revente à perte de 10%, l'Ania se trompe face à "l'estimation fantaisiste de 5 milliards d'euros de l'UFC – Que choisir sur les prix." Selon Ania, l'impact ne dépassera pas 400 millions d'euros, soit 50 cents par personne et par an Pour l'organisation, cette mesure ne concernera pas plus de 18% des produits, les plus affectés par des promotions incessantes.

Marie-Josée Cougard


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